SUR LE CHEMIN DES DESTINÉES: la terrible désillusion amoureuse

 

Nabou aurais-tu oublié ma traversée du désert? Je ne pense pas ! Tu étais là, tu m’as épaulé soutenu, je pensais que j’allais mourrir de tristesse,, je voulais même mettre fin à mes jours tellement ma douleur était grande ! Tu étais encore là, quand Moustapha m’a délaissée pour épouser sa « Toubab « , après 10 ans de relation , énorme oui ! certains me l’ont reproché ma naïveté, et me disaient: pourquoi rester avec un homme pendant tant d’années, sans qu’il ne fasse de toi sa femme ! Ils ne savaient pas que je l’ai connu très jeune « khamawon koudoul mom » , on a joué ensemble .

Il m’avait promis fidélité, mariage tout…
on a tout partagé ensemble, les gens ne savent pas qu’on ne s’attache qu’aux belles choses , et j’en ai vécu moi !
Je me souvenais encore de cette merveilleuse lettre d’amour enflammée que je prenais du plaisir à lire et à relire et l’émotion était toujours à son comble, je ressentais mon cœur flottant, aussi léger qu’une plume , mes chairs de poule, des papillons au ventre .
Je ressentais ces frissons qui m’envahissaient à la lecture de chaque phrase , ces mots qui regorgeaient d’amour et égayaient mes nuits et jours. Et cette longue attente d’une réponse après avoir écrit de belles paroles pour lui, cette rouge à lèvres posée délicatement en bas de cette feuille, et ce soupçon de parfum mis dans cette enveloppe en guise d’affection et qui faisait son charme.
Et ensemble Nabou, tu te souviens encore quand on s’échappait en de petites courses pour retrouver nos amours, plaquées aux murs ou au poteau, dans les allées et coins sombres, pour se voler de petits baisers si langoureux et tendres, ces promenades romantiques, ces compliments, cette belle sensation, ces si douces caresses. Il s’intéressait à moi, à mes goûts.
La pudeur de ses sentiments, cette délicatesse qui séduit par la tête , cette sensualité qui conquiert le cœur et non par le corps. On était à la fois si irrésistible et inaccessible, cet amour courtois, secret qui se vend à prix d’or je l’ai vécu ma chérie, nous l’avons vécu, on pouvait rester des heures à discuter sans s’en lasser , tu te souviens de nos promenades amoureuses au bord de la plage de Anse Bernard .
Je l’ai aimé aimé intensement et d’un revers de main, il a tout effacé, il m’a brisé sans remords je l’ai fais cet homme, je l ai encouragé , je l’ai épaulé, je l’ai soutenu, j’ai été là dans ses périodes les plus sombres .
Tu te souviens j’ai même acheté son billet quand il a obtenu son visa pour l’Allemagne, je lui ai même remis mes économies que je puisais de mon petit commerce, en guise d’argent de poche .
Et en partant, il m avait fait la promesse de m’épouser, juré fidélité et gratitude.
Et en ces mots il m’a dit : »Fatou je ferais de toi la femme la plus heureuse du monde, tu as fais tout ce que j’attendais de ma famille , jamais je n’oublierais ton geste, je te suis éternellement redevable ».
Et pourtant, malgré tout, il m a trahi des mois après, de la pire des manières.
Je l’ai appris de façon brusque et brutale par une de ses cousines , celle qui m’a toujours détesté, elle m’a appelé pour me l’apprendre, ce jour là, le monde s’est écroulé sous mes pieds , je murmurais non!!! Il n’a pas osé !, je n’y croyais pas et c’est ma mère qui me l’a confirmé elle l’avais appris à la tontine, les rumeurs allaient bon train, certains me plaignaient et d’autres s’en réjouissaient .
Cette douleur, il faut la vivre pour en mesurer la portée.
J’entends toujours les paroles de Maman retentir, je te lavais dit ! cette famille, c’est une famille de lâche , je t’avais prévenu mais tu étais obnubilée par lui, obsédée à la limite, tu m’as fait la tête pendant des jours pour ce moins que rien, parceque j’ai osé te dire que cet homme n’était pas faite pour toi « Nenalla djikko bou fegne thi nitte seett ko thi Djouddou, ki dou wadja, goor bou gattee khel, nay rekk bayil mou dem, deugueurr bopp bahoul !  »
Je m’attendais à un soutien affectif de sa part, j’ai reçu des brimades à la place, Déstabilisée, mon coeur en avait trop pris d’un seul coup et s’est arrêté ce jour là, et je me suis évanouie .
je suis tombée malade des jours durant.
Morte oui , détruite, trahie et vulnérable .
Je me demande toujours d’où jai puisé ma force pour me relever de cette horrible déception .
Le pire, c’est qu’il me doit toujours des explications que jai jamais reçues
Quelle lâcheté !!!!
J’avais perdu goût à la vie , maigri, je ne ressemblais à rien et là tu as été l’electrochoc , tu m’as fait revenir à la raison, je n’ai pas oublié tout ce que t’avais fait pour moi à l’époque.
Ressuscitée oui, qui l’eut cru ! Je suis debout ma chère Nabou, plus que déterminée à vivre , survivre et à atteindre mes objectifs, fais en de même, cette vie est un eternel combat , une trahision surmontée rend plus fort et plus habile ,je me suis mis un masque de défense pour me protéger en permanence et je reste sur ma posture défensive, et ça a affecté mes relations .
Nabou, on a l’habitude de nous dire qu’on ne tombe amoureux qu’une seule fois dans notre vie, ma belle regarde moi dans les yeux , c est faux!!! Je refute cette thèse, je l’ai vécu avec Daouda plus intensément , il m’a guéri, séché mes larmes, il m’a élevé au rang de reine , sa délicatesse , sa générosité, son affection, m’ont soigné, rempli de bonheur et je le lui rend bien dans mes faits et gestes.
Si j’ai pu le faire, tu peux en faire autant pour avoir tant subi émotionnellement lors de tes deux grossesses , des brimades , reproches , insultes et coups pour avoir été chassée de chez toi , humiliée valsée de maison en maison, durant cette dure periode, si je te dis bien que tu es assez carapacée pour t’en sortir, crois moi, tu peux le faire ma chérie !
Prend ton courage à deux mains, mets fin à cette histoire qui aurait du connaître son épilogue depuis fort longtemps .
A suivre

Fatou Diéye

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Auteur de l’article : Tass Xibaar

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