Sur le chemin des destinées: la fugue (par Fatou Dieye)

 

 

Pauvre enfant, si frêle avec le corps déjà pleins de cicatrices, pour un oui ou non, avait toujours droit au pire châtiment.
Cette fois ci encore, son malheur c’est d’avoir perturbé la sieste de son père, en jouant avec ses camarades cet après-midi là. Mortifié devant tous , cette fois ci il prit une décision sur un coup tête et décida de s’en aller.
Loin de cette souffrance , il prit le chemin de la mer, la où le bruit des vagues nous raconte le secret des amoureux, la peine des veufs qui viennent noyer leur douleur , ainsi que ceux qui viennent confesser la profondeur de leurs âmes et d’autres pour décharger leurs ésotériques.
« Ah la mer! »l’influence vivifiante de son eau, purifiante avec ses vertus curatives, un lieu de choix pour les adeptes du sport et de la spiritualité.
Badou errait au bord de la mer sans direction définie. il regardait au loin à l’horizon, là où il aperçoit les pêcheurs sous ce beau coucher du soleil .
Tenaillé par la faim et la soif, décida de s’asseoir près des vendeuses de poissons, il s’approcha d’une dame corpulente , élancée d’un beau  teint noir avec le plus beau des sourires c’était Tata Penda, Badou lui proposa de laver ses assiettes, et en retour, qu’elle lui donne à manger, surprise du coup, mais décida d’accepter sans lui poser des questions pour le moment, elle etait dans le besoin d’un renfort sa ménagère etait souffrante ce jour-là.
Très dégourdi, il s’exécuta à la tâche à la perfection et avec sérieux, au grand soulagement de Tata Penda.
La jeune dame divorcée vivait avec ses enfants, à sa charge son mari l’avait abandonné pour sa maîtresse avec sa progéniture à habiller, nourrir sous le poids des factures d’eau, d’électricité et de la location, elle décida d’entreprendre avec ses maigres économies, ce qui la permis de bien  s’en sortir, malgré la terreur des temps durs.
Essoufflée, enfin  un peu de répit pendant cette periode de chaleur, les commerces au bord de la mer, sont fructueuses, elle se tourna enfin pour donner à manger à son nouveau petit boy.
Vous vous appellez comment?
Badou lui repondit avec sa petite voix
Vous habitez où?
Non loin de la gare
Vous faites quoi a cette heure ici ? où sont vos parents ? et là il se braque et lui dit:
Svp tantie donnez moi à manger, j ai trop faim, je dois rentrer .
Elle lui donna une assiette bien remplie et il se regala .
Apres son repas, il termina son travail et voulu prendre congé, Tata Penda sachant l’insécurité qui régne dans les environs proposa de le raccompagner ce qu’il refusa naturellement.
Il s’en va loin, il deambulait encore dans les rues où ils croisait tantôt des ivrognes qui semait le bordel, tantôt de petits delinquants qui se disputaient le pactole, il prit peur et détala comme un lapin pour se retrouver à la gare ferroviaire, où les jeunes sénégalais, maliens et guineens s’attellent a la décharge des marchandises. Ils sont nombreux à y gagner leur vie à la sueur de leur front pour subvenir au besoin de leur famille.
Épuisé, Badou trouve refuge dans un petit coin un peu au chaud, sallongea sur un carton et prit un sac de riz abîmé qui traînait pour se couvrir et dormir.
Pendant ce temps sa grand-mère parternelle et l’ex belle sœur de sa maman etaient morte d’inquiétude et sont parties à sa recherche, tandis que son père affalait sur le canapé comme si de rien n’était:
« Foumou nekk mo fa teyee bopam » inutile de le chercher quand il aura faim il rentrera lança t’il !!!
A suivre


Fatou Diéye

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Auteur de l’article : Tass Xibaar

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