Sur le chemin des destinées 3 (par Fatou Dieye)

Il etait presque 7h du matin, le vieux Coulibaly avec son caftan blanc et son bonnet blanc, retrouve Badou dans le coin de la devanture de son magasin , et le reveilla,
Hey! Hey! Hey! Débout !!!
Abasourdi, Badou se leva, ouvrit grands les yeux , s’étira les muscles et demanda poliment au vieux de l’eau et une natte pour prier. Il lui remit tour et l’observa prier, très intrigué, le vieux coulibaly lui dit :
Comment t’appelle tu ? Et Où habite tu ?
Badou lui répondit la tête baissée: Badou ! et j’habite près de la gare. Que faîtes vous ici  badou ? Toujours tête baissée !, il ne pipa un mot .
Le vieux comprit, Il a su lire la différence entre les enfants de la rue , les Talibés  et petits delinquants, et savait que ce comportement du petit renferme une éducation derrière et avec l’expérience il savait que ce dernier avait fugué.
Il  lui demanda de s’asseoir et lui offrit son petit déjeuner pour le mettre plus à laise et en confiance.
Le vieux coulibaly etait un gentil homme du genre volubile, le ventre bedonnant,un cimetière de douceurs et de bons petits plats ,  barbue avec un bon teint marron c’était un commerçant malien. Il s’était enrichi par l’importation de la cola et des dattes. Il avait deux  épouses soumises mères au foyer toujours au petit soin de leur mari, mais ce vieux foutraque avait ses vices et ne comptait pas s’en arrêter là. Il était toujours à la conquête d’une autre plus fraîche sur sa ligne de mire .
Cette fois-ci, il avait jeté son devolu sur une petite « drianke » sénégalaise du nom de Nabou de teint clair, joli regard et beau sourire avec de belles fesses bien rebondies qui faisait tourner la tête de plus d’un. Elle était d’une coquetterie des plus parfaites , de loin quand elle arrivait  on pouvait sentir l’odeur du musc, de l’orient et la douceur des parfums des fleurs du printemps qui enivrent les hommes et rendent fous les plus faibles .
Le vieux Coulibaly avait toujours le bon compte pour elle et lui offrait de très beaux cadeaux, des bijoux en or , beaucoup  de billets de banque ,  de beaux tisssus , de reluisants et  éclatants tissus basins de premier choix  teintés au Mali avec les belles couleurs. Il lui avait pris un petit appartement en ville , qu’il avait pris le soin de bien meubler avec du matériel moderne  venant  d’Italie. Malgré tout ce petit confort loin des regards indiscrets , cette détente , ces petits massages  et gâteries que lui offrait Nabou , il n’était pas le titulaire. Elle avait un Haut fonctionnaire de l’État, Mamour la cinquantaine , marié et père de 4 enfants , tres élégant cheveux poivres sel, assez  mignon mais pas assez a son goût, elle disait souvent qu’il lui manquait ce petit quelque chose ,cette étincelle , ce feu torride au lit qui pouvait faire battre son coeur à mille à l’heure. A l’opposé de lui qui etait comblé a ses heures perdues.
Ils avaient ensemble  créé des entreprises fictives pour se proposer des prestations et  gagner des marchés au sein de son propre ministère , ils se faisait ensemble le maximum de sous pour préparer paisiblement sa retraite .
Malgré tout ceci, il n’était pas non plus le titulaire, Nabou  avait aussi son petit amour de toujours le transitaire Amath dont sa famille refusait qu’il épouse pour des problèmes de castes,  mais qui malgré tout continuait de la voire et espérait un jour se marier avec lui. Ils avaient déjà ensemble deux filles Khadidja et Mariétou  qui  grandissaient auprès de leur grand mère. Elles ne manquaient de rien .
Ils pensaient qu’en ayant un enfant ensemble, son père serait décidé à accepter leurs différences et les donner en mariage , c’etait sans compter avec l’entêtement de père Baba dont le surmon « Pa Gaindee « que les jeunes du coin lui avaient donné, définissait parfaitement la témérité de cet  ancien officier de l armée.
Terreur des enfants et terreur  de ses voisins et surtout des vieux dirigeants de la mosquée .

A suivre


Fatou Diéye

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Auteur de l’article : Tass Xibaar

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