Situation des hygiénistes de Dalal Jam: le directeur de l’hôpital trouve un singulier compromis avec les 31 acteurs majeurs des Cte, sous la forme d’un contrat à hauteur de 75 000 F Cfa par mois, avec un bonus de 50 000 F cfa à la signature

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C’est ce qu’on appelle passer du rêve aux illusions. Les 35 hygiénistes, si on enlève les 25 qui ont abandonné depuis le mois d’octobre, qui courent depuis le mois de septembre 2020, derrière le paiement de leurs salaires au Centre hospitalier Dalal Jam de Guédiawaye, ne savent plus à quel saint se vouer. Recrutés depuis le 25 mars 2020, pour s’occuper des nombreux malades du Centre de traitement épidémiologique de la Covid-19, ils sont ignorés depuis comme des pestiférés par les autorités sanitaires et par le directeur de l’hôpital de la Banlieue qui les renvoie à la tutelle. De 350 000 F CFA s par mois, leurs émoluments sont revus à la baisse jusqu’à 150 000 F pour chuter à 50 000 F avant cette nouvelle offre de 75 000 F Cfa du directeur de l’hôpital Moussa Sam Daff, avant-hier. En fait ces pauvres chefs de famille, tous des agents de la croix rouge, au nombre de 60 au départ, recrutés par l’établissement sur demande du ministère de la santé et de l’action sociale, n’ont jamais reçu l’intégralité de leurs salaires promis au départ, qui étaient de 350 000 F CFA.

En guise de paiement, les 60 hygiénistes, des urgentistes de la Croix rouge recyclés, ont reçu au cumul 90 000 F CFA comme suit: Première tranche 35 000, Deuxième tranche 15 000, puis Troisième tranche 40 000 FCfa entre les mois de mars, avril et mai. Des paiements reçus sans bulletin de salaires, ni virements bancaires qui ne seront effectifs qu’à partir du mois de juin, où ils vont recevoir pendant trois mois, jusqu’en août, 150 000 F CFA par mois. Depuis plus rien, les 60 hygiénistes transformés en aide à tout faire pour les centaines de malades du Covid-19 internés dans le Cte de Dalal Jam, qu’ils aident dans l’administration de leurs médicaments, de l’acheminement de leurs repas quotidiens et de leurs courriers, de leurs petits conforts usuels, de l’hygiène et de la salubrité des 104 chambres avec plus de 104 salles bain du Cte diminuées jusqu’à 52 chambres depuis la fin octobre, lorsque la pandémie a commencé à relâcher son emprise. Les hygiénistes qui travaillaient deux jours avec des tranches d’horaires de 8 h à 16 h ou de 16 heures à 8 heures du matin, avaient été réquisitionnés au plus fort de la propagation pour ne se reposer que 24 heures pour 48 heures de boulot, et il étaient également utilisés, pour les formés,  comme infirmiers ou aide-infirmiers.

Utilisés comme des faire-valoir et méprisés au bout du compte par les autorités qui ne leur ont payé aucune prime comparativement aux autres acteurs de la riposte qui en ont bénéficié. Une situation déplorée par le président de la République dans une de ses adresses à la nation en ces termes éloquents. « Pour la prime que les fonctionnaires étaient censés recevoir, la plupart d’entre eux l’ont reçue. Il y a une prime de 50 000F Cfa qui est appliquée à tous les agents de santé et qui a été payée une fois. Mais les agents qui travaillent dans les Centres de traitement des épidémies (Cte) doivent avoir une prime spéciale qui n’a pas encore été payée dans la majorité des Cte. Et il est urgent que les gens paient cette prime, parce qu’on parle de beaucoup de milliards F Cfa, alors que les primes n’ont pas été payées. Certains ont été payés mais la plupart attendent toujours ».

Toujours en est-il que les 35 hygiénistes qui courent toujours derrière leurs arriérés de paiement depuis le mois de septembre, et traités comme des malpropres et des moins que rien, ont été reçus par Moussa Sam Daff qui leur promet une prime de 50 000 F CFA, s’ils acceptent de signer un nouveau contrat qui leur permettra de gagner un salaire de 75 000 F Cfa par mois. Un “chantage”inadmissible pour le coordonateur des hygiénistes, qui  refusent d’y céder et préfèrent jeter l’éponge, et auquel vont céder certains autres de ces pères famille  qui sont tenaillés par les difficultés familiales, les contraintes de loyers et de dettes ménagères à n’en plus finir, et n’ont pas de choix.

TASSXIBAAR

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Auteur de l’article : Tass Xibaar

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