Session budgétaire: le ministre de la Jeunesse Néné Fatoumata Tall sauve son budget mais a trimé face aux tonitruants députés de l’opposition qui l’ont écorché sur les problématiques de l’émigration clandestine et du chômage des jeunes

Le ministre de la jeunesse, Néné Fatoumata Tall a éprouvé hier soir, un douloureux passage à l’assemblée nationale pour défendre son projet de budget 2021. La native de Guédiawaye a essuyé les critiques larges des députés de l’opposition qui ne l’ont pas loupée sur les questions du chômage des jeunes et de l’a récurrence de l’émigration clandestine de ces mêmes jeunes. Sa gestion de l’emploi des jeunes a été sévèrement décriée. Certains ont même estimé que Mme Tall n’a pas le profil de chef du département de la jeunesse pour suffisamment peser sur la conscience des candidats à l’émigration clandestine et les empêcher de Toussaint Manga s’est même permis de dire que « l’augmentation des candidats à l’émigration clandestine à tout prix par la mer ou par le désert, est une preuve que la jeunesse n’a plus d’espoirs et de repères dans le pays ». prendre des pirogues « de la mort ». 

Cheikh Bara Dolly s’attaque lui  à la vision du président de la République Macky Sall « On sait tous que la politique de Macky Sall n’est pas bonne. Celui qui te dit que les jeunes s’épanouissent n’a pas dit la vérité. Vous n’avez aucune politique en faveur de la jeunesse, et ce sont les députés de la majorité qui l’ont reconnu ». 

« C’est pourquoi, je vous invite à changer la donne. Sinon, les jeunes continueront à arpenter les chemins périlleux de l’émigration clandestine » conseille le député de Bokk Gis Gis au ministre.

C sont des questions dures que le député de Kédougou, Moustapha Guirassy pose à Néné Fatoumata Tall: « Il y a des questions importantes que vous devez absolument vous posez. C’est qui un jeune ? D’où il vient ? Comment le toucher ? Qu’est-ce qu’il veut ? Comment l’avoir ? Comment lui parler ? Comment le satisfaire ? » « Si vous ne faites pas la cartographie de la jeunesse, vous passez à côté », assène-t-il.

Toussaint Manga revient avec des propositions que va accepter dans son intervention le ministre, allant dans le sens de réorienter la politique de la jeunesse.

La problématique des financements de la Délégation à l’entrepreneuriat rapide (Der) a également retenu les attentions, et Toussaint Manga a souligné la confusion et la cacophonie qui existe entre cette structure et la l’agence nationale pour l’emploi des jeunes (Anpej). Pour lui, la Der n’a pas sa raison d’être, et propose de prendre son financement et le mettre dans l’Anpej. Toujours selon le libéral, « Il faut centraliser les institutions financières dans une seule agence. Il y a trop de confusion et des cacophonie ». 

Cheikh Abdou Mbacké Dolly reviendra pour mettre en exergue les 107 milliards de francs Cfa engloutis par le département de 2012 à nos jours, et qui n’ont pas empêché « les jeunes de continuer à mourir en mer ».

Très secouée après ces interventions limites, Néné Fatouma Tall se défend et consent: « Le président Macky Sall a fait d’énormes efforts, et ça m’amène à parler de notre politique de jeune. Nous avons une vision claire en matière de jeunesse. Le président Macky Sall a fait de la jeunesse une sur-priorité ».

Le ministre de la Jeunesse reconnaît que l’émigration clandestine est un phénomène très complexe, et la responsabilité de l’Etat dans tous les fléaux qui touchent les populations, est très engagée. Elle signale néanmoins que si cela ne tenait qu’aux politiques publiques et à une vision éclairée pour en venir à bout, ce fléau n’aurait pas atteint ces proportions.

« les politiques de jeunesse sont importantes, mais elles ne suffisent pas pour régler les difficultés rencontrées par les jeunes. Une gestion globalisante est plus déterminante, puisque l’État seul, ne peut pas résoudre ce problème. Par conséquent, les parents, les Ong et les autres organisations de la société civile ont un grand rôle à jouer dans la prise en charge de la jeunesse sénégalaise », plaide-t-elle au finish.

Au final, Néné Fatoumata Tall s’en tire avec un budget voté malgré deux seules oppositions, à 17 569 236 297 F Cfa.

 

 

TASSXIBAAR

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Auteur de l’article : Tass Xibaar

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