Le profil psychologique de Ousmane Sonko revu par des spécialistes: rien sur lui « ne traduit une personnalité d’homme détraqué ou d’esprit névrotique », « un moi très fort, un leadership autoritaire, une attitude anticonformiste… »

 

 

Le quotidien l’Observateur, jugé par beaucoup réfractaire au leader de Pastef, s’est essayé au décryptage du profil psychologique de Ousmane Sonko, et s’est attaché les concours de deux spécialistes en psychologie. Et le moins que l’on puisse dire, la principale figure de proue de l’opposition, est une personnalité qui s’impose et ne laisse personne indifférent, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas.

Psychologue conseiller, expert en ressources humaines, Daouda Laye Seck a bien décrypté l’homme Ousmane Sonko et l’a brocardé sous un style psychologique épatant, levant toutes les équivoques sur sa diabolisation.

« il faut avant t’oit dénoncer la campagne de diabolisation de sa personnalité. On a tendance à dépeindre Ousmane Sonko comme une personnalité négative, rebelle, qui n’orchestre que de la tension sociale. C’est quelqu’un qui a fait les bonnes écoles, qui a passé un concours très sélectif et qui est sorti diplômé après une solide formation l. En psychologie, on appelle cela compétences, quand quelqu’un se trace une voie professionnelle, il est sorti de l’École nationale d’administration (Ena) et a occupé pas mal de fonctions à la Direction des impôts et domaines, des fonctions sensibles qui exposent facilement l’individu à des malversations. Mais personne ne l’a vu tremper dans des actes répréhensibles, et je pense que c’est sur la base de ces considérations qu’il a été investi comme président du Syndicat des travailleurs des impôts et domaines.  En psychologie, on prédit les comportements à partir des traits de caractère que nous connaissons de l’a personne. C’est parce que Sonko avait certaines croyances et valeurs, une philosophie de l’organisation publique et de la vie publique qui ne cadrait pas avec celle des autorités actuelles, que ces dernières ont activé une chasse aux sorcières contre lui. Jusqu’à l’extraire  de la Fonction publique, et pas de la meilleure des manières. Malgré cela , il s’est armé de résilience, avec son courage en bandoulière, pour fonder un parti politique. Dès le départ, il a refusé de courber l’échine, il s’est tracé une voie qui est celle qui consiste à indiquer la bonne gouvernance. Aujourd’hui, il a un programme très alléchant et très inspiré des modèles locaux, voyant l’exploitation séculaire de la Métropole, il s’érige en guerrier et en timonier pour combattre cela. Il y a eu la diabolisation contre lui, l’histoire du viol, la rébellion, mais à chaque fois que des stratagèmes sont ourdis pour le piéger, cela échoue. Il a très vite compris qu’ils ont affaire à quelqu’un qui cherche à s’imposer, en mettant des opposants en prison. Il a décidé de faire face avec un discours guerrier, et c’est ce qui a forgé le leadership politique de Sonko. Donc on peut dire que c’est quelqu’un qui est compétent au plann psychologique, qui s’est tracé les voies d’une réussite, qui a de la vision et un programme qui cadre avec les aspirations des jeunes du pays.

Je ne vois pas dans son comportement ou son discours une attitude qui traduit chez lui une personnalité d’homme détraqué ou d’esprit névrotique. Je ne le vois pas non plus comme un homme violent, il est tout sauf violent. Il ne fait que riposter, parce que je crois que si Sonko n’avait pas cette stratégie aujourd’hui, il serait actuellement en prison et on ne parlerait plus de lui. C’est une stratégie dauto-défense », a jugé le psychologue.

Ousmane Sonko s’est également étalé sur la table d’un autre psychologue conseiller, en la personne de Khalifa Ababacar Diagne qui a cerné sa personnalité.

« D’emblée, il faut préciser qu’il est très difficile le profil psychologique de quelqu’un qu’on n’a pas observé de près. Ce qui fait que pour le cas de Ousmane Sonko, je ne peux que me baser sur son comportement et sa communication en public pour relever chez lui quelques traits de personnalité. Ceci étant, je vois en lui quelqu’un qui a un moi très fort caractérisé par deux notions très importantes en matière de leadership: l’estime de soi et la confiance en soi. En psychologie sociale, je le classerais plutôt dans la catégorie du leadership autoritaire, seul habilité à prendre les décisions relatives à la réalisation de la tâche. En atteste son propre récit lors des investitures à Dakar. Au moment où Khalifa Sall cherchait de façon concertée  un accord avec Barthélemy Dias, lui. Il avait balancé à ce dernier: « tu n’es pas un leader ». il s’ajoute les mots d’ordre solitaires qu’il lance souvent sous forme de slogans captivants pour la forme jeune (mortal kombat, concert de casseroles…). Dans sa communication, il use généralement d’un schéma persuasif. Il garde le focus sur ses deux principales cibles. D’abord, sa première cible qu’il considère comme ses partenaires sont les jeunes. Il se met dans leur peau, utilise leurs canaux de communication (réseaux sociaux, internet) et leur adresse le discours qu’ils veulent entendre. C’est ainsi qu’il laisse apparaître une attitude anticonformiste et de défiance envers l’autorité et contre l’ex puissance coloniale. Et cette façon de s’opposer est très excitante pour les jeunes et les adolescents.

Ensuite, sa seconde cible, qu’il considère comme son adversaire, n’est personne d’autre que le président Macky Sall qu’il désigne comme le principal auteur de tous les péchés d’Israel pour ne pas dire du Sénégal. Sa stratégie consiste, en définitive, à mettre en opposition la jeunesse et le président afin d’en récolter les fruits. Et jusque là, il semble tenir le bon bout. A mon avis, son style d’opposition s’éloigne du chemin emprunté par les grands opposants qu’à connus le Sénégal. Ousmane Sonko un homme violent ? Non scientifiquement, il n y’a aucune évaluation ou étude pour le dire. Le décrire comme violent ne peut relever que d’un simple jugement de valeur. Un obsédé du pouvoir ? Non encore, ce sont des affirmations gratuites, c’est un langage dont peut user un adversaire politique, mais pas quelqu’un qui se base sur la science . Toute affirmation de ce genre doit être étayée scientifiquement sur la base d’une étude au plan psychologique ».

 

TASSXIBAAR

 

 

 

 

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Auteur de l’article : Tass Xibaar

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