*La politique a cessé d’être un sacerdoce au Sénégal* (Par Moussa Thiam, bureau politique du Ps)

L’action politique est devenu un jeu, et le jeu s’est révélé dangereux avec l’émergence d’une nouvelle classe politique qui ne se connaît pas de limite.

Nous regrettons l’époque où l’homme politique avait conscience de sa responsabilité et se souciait beaucoup de sa respectabilité.

La politique sénégalaise n’est plus celle dévouée pour la cité, par laquelle, les règles du «jeu» démocratique ne laissaient s’instaurer ni la haine ni la calomnie. Elle ne salissait pas la dignité, ni ne transformait l’esprit de compétion en mépris ou en haine, et ne faisait pas le lit à la stigmiatisation éruptive d’autrui et des invectives à outrance.

Or la politique dans notre pays, celle qualifiée de « politicienne », ce domaine où, aux côtés de personnalités au sens patriotique élevé, s’aventurent des flibustiers de tous acabits, parfois aux passés et aux profils extrêmement troubles, se révèle un terrain où le bien et le mal s’entremêlent, où les bonnes et les mauvaises choses s’enchevêtrent, où les visions pertinentes et les approximations s’imbriquent, où la contradiction salutaire et l’hostilité violente se diluent, où la rigueur morale et l’émotion rongeuse se substituent, et où la colère pathologique et la retenue constructive se juxtaposent.

Tout cela, au grand dam des consciences effarouchées d’une opposition profane et si peu lucide et pas expérimentée, même pour établir une bonne liste d’une élection, et sous la houlette d’une minoritaire qui en tire toujours les marrons du feu, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre.

Perçue et pratiquée avec autant d’obscurantisme, la politique « politicienne » de l’opposition sénégalaise dans sa globalité ne sera jamais une sorte de religion de la citoyenneté comme elle devrait au moins en afficher la façade. Elle en est réduite, à la limite, qu’à en être la marionnettiste, avec pour effet rédhibitoire, d’en pervertir la profondeur sémantique pourtant si louable!

Quant à nos si addictogènes réseaux sociaux, cette déclinaison régénérée du Big Brother dont parlait l’ouvrage « 1984 » de George Orwell, ils achèvent chaque jour davantage d’assombrir ce tableau peu élogieux de notre rapport à la gestion de la cité et à ceux qui en ont la charge. Que ces responsables soient exemplaires ou pas, ils ne sont que des humains naturellement imparfaits, critiqués et trucidés par d’autres humains dont l’appartenance au peuple ne saurait les rendre plus irréprochables et plus parfaits.

La politique est un jeu, alors jouons! Cessons de nous battre si inutilement, arrêtons de nous détruire avec autant d’absurdité, et empêchons-nous de faire preuve d’une férocité si indigne et de toute façon si vaine et stérile au bout du compte.

Vivement pour un Sénégal, notre si cher pays, celui de la Concorde, de la solidarité, du Dialogue,…pour que règne ad vitam aeternam notre fraternité!

*Mame Moussa Thiam*
*Membre du Bureau politique du Parti Socialiste*.

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Auteur de l’article : Tass Xibaar

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