Escroquerie et charlatanisme à Daroukhane: le célèbre comédien Niankou, le mercure rouge et les séances d’incantations mystiques qui coûtent 10, 5 millions de Fcfa au technicien naval Mouhamadou Bachir Cissé, grugé par le marabout Modou Bakhoum

 

 

Technicien naval établi au quartier Keba Der de la commune de Wakhinane Nimzatt, Mouhamadou Bachir Cissé croyait s’être débarrassé définitivement de ses soucis d’argent lorsqu’un ami l’a convaincu des prouesses du marabout Modou Bakhoum en multiplication de billets de banque. De fil en aiguille, il va entrer dans un cercle infernal où il va se laisser convaincre à une aventure périlleuse où par achats de mercure et de parfums de luxe, il va succomber au piège savamment entretenu par le charlatan, originaire du village de Darou Bakhoum (Diourbel) et propriétaire de Dara coranique à Guédiawaye et ses complices. Envoûté et traîné d’un appartement à un autre, il va se faire délester de la somme de 10, 5 millions de Fcfa, en grande partie empruntée à un ami. Son principal bourreau Modou Bakhoum et un de ses complices seront finalement arrêtés, au retour de la Tabaski, par les limiers du poste de police de Wakhinane Nimzatt et mis sous mandat de dépôt. Ils ont finalement été déférés hier au parquet pour escroquerie et complicité sur 10,5 millions de Fcfa.

Mouhamadou Bachir. Cissé (43 ans) doit maudire le jour où il a fait la connaissance du marabout-enseignant coranique Modou Bakhoum. Technicien naval établi au quartier Keba Der de la commune de Wakhinane Nimzatt à Guédiawaye, il fréquentait ce propriétaire de Dahra coranique établi au quartier Gassama sis à Daroukhane, qui partageait avec lui des secrets de connaissances mystiques. Modou Bakhoum, né en 1978 et originaire du village de Darou Bakhoum, à Diourbel, était couru par tout le quartier et ceux environnants pour son enseignement du Coran et ses prouesses en matière de prières. Au courant du mois de mai 2022, un ami du nom de Mbaye Mbaaye vante les talents en matière de multiplication de billets de banque de Serigne Bakhoum, à Mouhamadou B.Cissé qui cherchait à arrondir ses fins de mois. Pour mieux l’en convaincre, il cite le singulier comédien Niankou comme l’une des personnes qui ont eu à bénéficier de ses services, et qu’il aurait même touché une commission de 200 000 Fcfa. Une autre connaissance du nom de Abdoulaye Lô lui confirme l’entreprise délictuelle, pour y avoir assisté et avoir touché 500 000 Fcfa en guise de commission.
L’oiseau tombe sous le charme des témoignages flatteurs sur le puissant marabout et part le solliciter. Dans le secret des dieux, Serigne Bakhoum confirme à son « talibé »’M. B.Cissé qu’il est capable de multiplier dés billets de banque à l’aide du mercure rouge.
Après un autre conseil de son ami Serigne Saliou Dioum, ils tombent d’accord et Modou Bakhoum demande à son client de lui donner les noms de ses deux parents ainsi que ceux de son ami en question.
Désormais sous l’emprise du charlatan, c’est là que débutent les malheurs et une aventure rocambolesque pour le technicien naval.
Dans un premier temps, il lui est demandé de pourvoir la somme de 4 millions de Fcfa pour l’achat de 2 grammes de mercure rouge. Ils conviennent également que le charlatan héritera à l’issue des opérations, 25 000 Fcfa pour chaque million. Ne disposant de ladite somme, M.B.Cissé s’en ouvre à Daour Dioum, le frère de son ami Serigne Saliou qui lui prête 3 millions de francs cfa en contrepartie de la remise d’un titre de propriété en guise de gage.
A cette somme incomplète, Modou Bakhou a ajouté 1 million de Fcfa, pour compléter l’achat du mercure auprès d’une tierce en présence de Serigne Saliou Dioum qui les a accompagnés. M.Bachir se souvient dans sa plainte déposée plus tard à la police, avoir été trimballé d’un endroit à l’autre durant toute une nuit avant que le charlatan ne lui avoue n’avoir plus d’argent pour louer un endroit où faire le travail, car il avait déjà dépensé tout ce qu’il gardait pour l’achat de la mercure.
Comme solution, il l’a mis en relation avec un individu du nom de Abass Sall, spécialiste en multiplication de billets, selon lui. Ce dernier lui demande en guise de facilitation du travail de lui remettre 3 millions de Fcfa propre pour l’achat d’un parfum dénommé « Kal Farouk » importé d’Inde. Bachir est orienté au marché de Grand Yoff où un vendeur de parfum du nom de Abdoulaye Fall le vend. Un autre emprunt est faite par le technicien naval, cette fois auprès d’un collègue, qui lui prête les 3 millions de francs Cfa exigés. En compagnie de son ami S.Saliou Dioum, Bachir retourne chez le nouveau multiplicateur de billets de banque, qui loge à la cité Douane à Golf, pour lui remettre le parfum. Abass Sall s’enferme dans une chambre pour faire des incantations et une fois les séances terminées, les appelle pour leur montrer des billets de banque en francs Cfa, contenus dans une valise. Le charlatan leur fait croire qu’il a réussi à faire multiplier les billets et leur demande de fermer la chambre jusqu’au lendemain matin, avant de revenir en prendre possession. A chacun des deux amis, il remet un billet de 10 000 fcfa pour l’achat de coq rouge à offrir en guise d’offrande.
Mouhamadou Bachir Cissé et son ami exécutant les instructions dès le lendemain et reviennent prendre la valise. Mais, surprise ! Ils la trouvent sans aucun billet, donc vide. Pour toute explication, le mystificateur leur rétorque de façon lunaire qu’une personne est certainement entrée dans la chambre et que les djinns ont fait monter l’argent. Devant leurs regards incrédules, il leur demande d’aller vérifier auprès de l’individu qui leur vendu les coqs rouges si les billets qu’ils lui ont remis sont déchirés sur les bords. Auquel cas, conclue-t-il, ses soupçons sont confirmés. Ce qui va s’avérer exact après vérification.
Pour ne pas perdre de temps, Abass propose de nouveau à sa proie toujours dans les vaps, d’aller acheter un autre parfum « Kal Fadoul «  et il emprunte encore 3 millions Fcfa à Daour Dioum.
Il est cette fois-ci, orienté vers Moussa Diop, un commerçant établi vers l’entreprise Sedima, à l’entrée de Rufisque.
Au retour, Abass Sall lui exige de déplacer les valises dans sa chambre et de déposer le parfum à côté. Quelques minutes sen suivent et les deux amis entendent un bruit détonant semblable à une explosion en provenance de la chambre. Ils se précipitent pour vérifier et constatent que le parfum s’est écrasé. Bachir manque…d’exploser de colère, mais est calmé par Modou Bakhoum, présent qui lui demande le temps de faire des « riyadas », avant d’acheter encore du mercure rouge à 1,5 million de Fcfa. Pour cette nouvelle acquisition, il l’a mis en rapport avec le nommé Serigne Mbacké Diagne qui lui a remis la dite somme nécessaire pour l’achat du mercure qu’il doit garder chez lui. La Tabaski approchant, Modou Bakhoum se rend à son village de Darou Bakhoum. C’est à son départ que Mouhamadou Bachir Cissé reprend ses esprits pour se rendre compte qu’il venait d’être victime d’une bande d’escrocs et d’arnaqueurs. Il court vite déposer, en ce 26 juillet, une plainte à la police de Wakhinane Nimzatt pour escroquerie au préjudice de 10,5 millions de Fcfa.
Le premier à être interpellé par la police est le nommé Serigne Saliou Mbacké Drame, un menuisier né en 1991 et domicilié à Baye Laye, dans la même commune de Wakhinane à Guédiawaye. Devant les enquêteurs, il confirme que le principal mis en cause Modou Bakhoum s’est rendu dans son village à Diourbel. C’est encore lui qui revient renseigner les limiers que Modou Bakhoum est revenu et se trouve au quartier Gassama de Wakhinane où le charlatan sera arrêté par la police.
Auditionné, le marabout charlatan nie d’abord les faits et dit avoir cotisé à hauteur d’1 million de Fcfa, pour acheter le mercure et a échoué dans sa tentative de multiplication de billets. Et c’est alors qu’il l’aurait mis en rapport avec Ablaye Fall aui qui lui a vendu un parfum à 3 millions Fcfa, avant de solliciter les services dew marabouts Abass Sall et Serigne Saliou Drame.
Modou Bakhoum est mis en garde à vue le 01 août, pendant que ses complices sont recherchés. Il sera rejoint en garde à vue par Abdoulaye Fall, qui a été arrêté par les éléments du poste de police de Grand Yoff, le lendemain 02 août. Domicilié à l’unité 11 des Parcelles Assainies, le commerçant sera confondu sur le rôle qu’il a joué dans le délit d’escroquerie contre Mouhamadou Bachir Cissé.
En l’absence de leurs complices en fuite, Modou Bakhoum et Abdoulaye Fall ont été déférés hier au parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, pour escroquerie et complicité sur 10, 5 millions de francs Cfa.

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Auteur de l’article : Tass Xibaar

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