Barka Bâ encense son ami d’enfance, l’expert footballistique Aliou Goloko qui « ne sera jamais un “Kahlouche” de service

Pourquoi Aliou Goloko ne sera jamais un « Kahlouche » de service

J’ai rencontré Aliou Goloko un jour d’octobre 1987, lorsqu’il a débarqué dans ma classe, à l’école primaire de Diamaguène, venant de son Treicheville natal. C’est peu dire donc si je connais le frère qu’il est devenu. Dans une vidéo devenue virale, un incident a opposé Aliou, désigné par la Caf comme media officer, à un journaliste algérien qui a refusé les règles du jeu imposées par l’exercice. Sous prétexte de solidarité à deux balles, l’entraîneur d’un pays voisin a menacé de boycotter la conférence de presse si les desiderata de l’énergumène n’étaient pas satisfaits. La bêtise insistant toujours et étant plus contagieuse que le variant Delta, les deux chevaliers autoproclamés de l’union sacrée entre Arabes contre l’outrecuidant nègre Goloko qui a osé les rappeler à l’ordre, ont continué leur petit manège, criant à la persécution. Autrement dit, l’hôpital qui fait des pieds de nez à la charité! Évidemment, le journaliste sénégalais n’a pas cédé à ce vil chantage et a mis fin d’autorité à cet esclandre. C’est ce qui lui vaut sur certains sites maghrébins un tombereau d’insultes dont la plus infamante, pour qui le connaît, est l’accusation de racisme. Globe-trotter hors pair, toujours entre deux avions, Aliou Goloko est un citoyen du monde et rien ne lui est plus étranger que le racisme ou la xénophobie. L’homme se sent partout chez lui et a la Teranga chevillée au corps, aussi à l’aise dans un bouge de Nietty Mbar que dans les palaces huppés de Dubai. Par contre, étudiant dans un pays maghrébin que nous ne citerons pas ici par charité, lui y a été, maintes fois, traité de « Kahlouche », « Guira-Guira » et autres joyeusetés . Ce qui ne l’a pas empêché, lui qui est parti de rien et a tout obtenu à l’arraché, de se forger un destin. Au point de devenir aujourd’hui l’un des meilleurs experts mondiaux du football. Ce qui n’a rien d’étonnant pour nous qui l’écoutions, ébaubis, dans la cour de récré, imitant le reporter Jean-Louis Fara Touré à la perfection, refaire cent fois le derby Asec-Africa. Fallait le voir s’époumoner, hurlant le nom de Youssou Falikou Fofana ou jurer ses grands dieux que Sékou Bamba de Karamoko (sic) était l’un des plus grands joueurs africains de tous les temps, pour savoir que « Go » avait le feu sacré et que le foot était sa religion. Mais cette passion du ballon rond qui ne l’a jamais quitté va aussi avec un tempérament de feu. Le bonhomme, qui a grandi entre Ndiago Bar et le foirail à bétail de Diamaguène, qui en a vu passer des caïds, ne se laisse pas marcher sur les pieds et ne sera jamais le nègre de service de qui que ce soit. Avis, sans frais, aux amateurs: qui s’y frotte, s’y pique…

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Auteur de l’article : Mamadou Niang

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